Question orale à Pieter De Crem
20 mars 2014 - Sénat Télécharger l'intervention en PDF

Question orale de M. Richard Miller au vice-premier ministre et ministre de la Défense sur "l'échec de la mise sur pied d'une force européenne en République centrafricaine"

M. le président. - M. Geens, ministre des Finances, chargé de la Fonction publique, répondra.

M. Richard Miller (MR). - Monsieur le ministre, ce 17 mars, lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, un constat d'échec a entouré l'opération militaire en République centrafricaine. En effet, si l'Union européenne est « préoccupée par l'impact humanitaire de la crise en République centrafricaine », elle ne peut déployer son opération militaire.

Le 13 mars, la dernière conférence de génération des forces n'a pas permis de combler les lacunes logistiques pour une mission qui doit uniquement sécuriser la région de Bangui - l'aéroport et deux districts - et seulement pour une période limitée avant le déploiement de la MISCA ou une opération de l'ONU.

Monsieur le ministre, cette opération aurait dû être lancée le 10 février. Un plan d'opération, les règles d'engagement et l'accord sur le statut des forces sont arrêtées. Dès lors, où se trouve le blocage ? Comment l'Europe peut-elle perdre sa crédibilité en matière de défense européenne trois mois après le sommet de décembre ?

Les effectifs ne sont pas en nombre, les avions de transport sont absents. Pouvez-vous nous donner le détail des capacités militaires manquantes ?

Il revient à chacun des États membres d'annoncer le niveau et la nature de leur contribution. Je voudrais connaître la proposition de la Belgique : avons-nous oui ou non l'intention de nous impliquer en République centrafricaine ?

Le 5 février, à la suite d'une série de questions posées en commission de la Défense nationale de la Chambre, le ministre De Crem a déclaré ce qui suit : « Une participation à la mission de l'EUFOR RCA doit faire l'objet d'une décision du Conseil des ministres et de l'inspection des Finances ».

Où en est le gouvernement sur ces deux points depuis quarante-cinq jours ?

M. Koen Geens, ministre des Finances, chargé de la Fonction publique. - Je vous lis la réponse du ministre De Crem.

Deux missions différentes concernent la République centrafricaine, à savoir l'opération Sangaris et la mission EUFOR RCA : force de l'Union européenne en République centrafricaine.

La Belgique soutient l'opération française Sangaris par du transport aérien stratégique et tactique. La Défense a mis l'Airbus A330 à disposition pour des vols stratégiques. Le transport aérien tactique entre des capitales africaines et Bangui est effectué depuis deux mois au moyen d'un C-130 et prend fin aujourd'hui.

En ce qui concerne la mission EUFOR RCA, les ministres européens des Affaires étrangères ont, le 20 janvier 2014, décidé de lancer une mission de Politique de sécurité et de défense commune - PSDC - en République centrafricaine.

À la suite de la Force Generation Conference du 13 mars 2014, au cours de laquelle une solution n'a pas pu être dégagée concernant les capacités manquantes - transport aérien stratégique, appui médical, transport logistique, capacité de déchargement des avions de transport et génie de construction , le commandant de l'opération EUFOR RCA a rendu au Comité politique et de sécurité de l'Union européenne un avis négatif concernant le démarrage de l'opération.

Il était prévu que, le 17 mars 2014, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne approuve le lancement de l'opération EUFOR RCA, mais le Comité politique et de sécurité a suivi la recommandation du commandant de l'opération. Depuis lors, l'Union européenne met tout en oeuvre pour combler les capacités manquantes.

M. Richard Miller (MR). - Je prends acte de cette réponse, mais je trouve regrettable ces nouveaux manquements - pour des motifs logistiques - en matière de défense européenne.

 

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