L’imaginisation du réel - L'illusion du Bien (saint Georges) et la vengeance fictive (Quentin Tarantino)
31 janvier 2012 par Richard Miller Télécharger l'article en PDF

Les images de la vie contre l’extrême violence

Retrouvez ici la présentation du livre de Richard Miller dans l'émission "Et Dieu dans tout ça?"

 






Le nouveau livre de Richard Miller est un ouvrage étonnant. Publié chez Ousia, éditeur réputé dans le domaine de la philosophie, ce livre est étonnant pas seulement parce que son auteur est un homme politique, mais aussi et surtout par son contenu. Le sujet, ce sont les dynamiques qui font de notre vie un mélange de réalité et de fiction.








Se fondant sur deux grands exemples, le christianisme médiéval et le cinéma contemporain, Miller use d’une maîtrise culturelle vertigineuse pour nous entraîner dans ce qu’il appelle des « devenir-images ». Ces images, nous les créons pour nous-mêmes, spontanément, et elles nous accompagnent notre vie durant. Elles résultent de nos « rencontres » avec les gens, les choses, les évènements, les sentiments, les savoirs, l’amour, la sexualité, la peur…





Confrontés à tout cela, privés de la moindre certitude, livrés au fait que tout peut survenir à tout moment, y compris le pire, les êtres humains entretiennent deux illusions qui rendent leur existence supportable. La première consiste à se croire spontanément toujours du « bon côté », d’avoir raison, d’être dans les rangs du bien (ce que symbolise pour le christianisme saint Georges). La deuxième est l’illusion, face aux injustices dont on souffre, de se convaincre qu’une vengeance est toujours possible. Mais ce n’est pas le cas : le mal, écrit Miller, n’est pas rattrapable, et la souffrance n’est pas mesurable. Sur ce point c’est l’auteur de Pulp Fiction et d’Inglourious Basterds qui lui sert de référence. Quentin Tarantino maître d’œuvres d’un cinéma qui nous donne la clé du réel ? Miller décortique les scènes pour en extraire la moelle.

L’ouvrage se termine sur une limite infranchissable pour l’imaginaire humain : l’extrême violence. Là s’arrête la fiction ; là s’arrête l’humanité. Ce dont la Shoah constitue, pour Miller, la démonstration ultime. Après un long périple qui entraîne le lecteur à travers l’histoire, l’art, la littérature, le folklore, la philosophie, le cinéma…, l’auteur conclut par une politique de la liberté opposant l’intelligence à la violence. Et de rappeler la phrase de Camus : « Il n’y a pas de liberté sans intelligence et sans compréhension réciproques ».

 

Richard Miller, L’imaginisation du réel, Bruxelles, Ousia, 2011, 527 p.

Commentaires
 
Michel Biart   10-10-2011 09:34
 
Mes félicitations admiratives pour ce travail effectué en plus d'un engagement politique sans faille
 
jacquiez   07-10-2011 20:35
 
Bonsoir,
Bravo Richard pour la réussite de ton doctorat.
Tu sais que chaque fois que nous nous voyons, le courant passe très bien entre nous.
J'espère que ta fille va bien.
Si tu as un exemplaire en trop dédicé, songe à moi, c'est avec plaisir que je le lirai et qu'il aura sa place dans ma bibliothèque.
cordialement
CLAUDE JACQUIEZ
 
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