Plusieurs d’entre vous m’ayant demandé de transcrire l’anecdote que j’ai racontée ce matin à l’occasion de notre Congrès de fin de campagne, j’ai pensé que ce serait un bon début pour des Mémoires burlesques ! En effet, si je suis un homme politique sérieux – j’aime autant le préciser -, il m’a été donné, durant ces bientôt trente années d’engagement libéral, de vivre des situations comiques, drôles, surprenantes…burlesques.
Il est trop tôt, voire présomptueux, d’envisager d’écrire mes Mémoires : par contre il n’y a pas d’heure pour rire. Le rire, comme l’art et la liberté, appartiennent à tous les êtres humains.
Encore un mot : il m’arrivera de citer des collègues, non pas pour leur manquer de respect, mais parce que leur personnalité, leurs responsabilités, leur stature politique, « ajoutaient » une touche spéciale !
1. La sonnette
Une campagne électorale étant un grand moment de rencontres directes avec les gens, les candidats arpentent les marchés, se postent à l’entrée des gares et à la sortie des magasins…Ils pratiquent aussi, sous la pluie ou le soleil, le porte-à-porte ! Tout peut alors survenir ; et, en fonction de l’heure, du quartier, de l’allure du candidat, les échanges sont très, très souvent surprenants. Voici un des plus étranges qui me soit arrivé.
L’action se passe dans une rue du Grand Mons : je viens d’être mal reçu par un couple âgé, furieux de la perte du Congo ! Un peu décontenancé, à la fois par le sujet et par la hargne de la petite vieille qui me poursuit sur le trottoir à cause des Katangais, je passe à la porte suivante et je sonne. Mais juste au moment où je sonne, je lis sur un papier collé sous la sonnette : « Ne pas sonner. Frapper ! ». Mais il est trop tard, j’ai appuyé sur le bouton… J’entends alors à l’intérieur un boucan incroyable, une sonnerie puissante et stridente et qui n’en finit pas…
La porte s’ouvre. Un homme relativement hirsute apparaît : « Vous ne savez pas lire ? ». Je lui bafouille une réponse du genre « Je suis désolé, je n’avais pas vu le papier, j’avais déjà sonné… ». L’homme me reprend « Vous avez déjà entendu le bruit qu’elle fait la sonnette ? ». A quoi je réponds : « Je n’y suis pour rien ! Je vous présente mes excuses…mais c’est votre sonnette ! Moi je n’ai fait que sonner … ». Il me dit alors, avec un air insondable : « Moi, je vis avec cette sonnette ! ». Sur quoi, à court d’arguments, je lui déclare d’un air maxiconvaincant : « Votez pour moi, et je verrai ce que je peux faire… ».
(Prochains Mémoires : Le conseil de Françoise Colinia, Daniel Ducarme et le Mur…) |